Verlaine fait défiler sous nos yeux les figures de la comédie italienne : Léandre, Pierrot, Cassandre, Arlequin. Tous tournent, rient, chantent et dansent autour d’une belle enfant méchante, Colombine. Ses yeux verts de chatte tiennent les hommes à distance — « À bas les pattes ! » — mais ils continuent de la suivre, comme aimantés. Le poème a l’allure légère d’une chanson, avec son refrain « Do, mi, sol, mi, fa », et pourtant une inquiétude s’installe. Le locuteur s’adresse au « fatidique cours des astres » et se demande vers quels désastres, mornes ou cruels, cette enfant implacable conduit son troupeau de dupes. On ressent un mélange d’amusement et de malaise : la grâce du spectacle bascule peu à peu dans l’idée d’un destin aveugle.
Colombine — Résumé
Léandre le sot, Pierrot qui d’un saut De puce Franchit le buisson, Cassandre sous son Capuce,
Arlequin aussi, Cet aigrefin si Fantasque Aux costumes fous, Ses yeux luisants sous Son masque,
— Do, mi, sol, mi, fa, — Tout ce monde va, Rit, chante Et danse devant Une belle enfant Méchante
Dont les yeux pervers Comme les yeux verts Des chattes Gardent ses appas Et disent : « À bas Les pattes ! »
— Eux ils vont toujours ! — Fatidique cours Des astres, Oh ! dis-moi vers quels Mornes ou cruels Désastres
L’implacable enfant, Preste et relevant Ses jupes, La rose au chapeau, Conduit son troupeau De dupes ?