Écoutez la chanson bien douce — Résumé

Paul VerlaineContemplative

Écoutez la chanson bien douce Qui ne pleure que pour vous plaire, Elle est discrète, elle est légère : Un frisson d’eau sur de la mousse !

La voix vous fut connue (et chère !), Mais à présent elle est voilée Comme une veuve désolée, Pourtant comme elle encore fière,

Et dans les longs plis de son voile Qui palpite aux brises d’automne, Cache et montre au cœur qui s’étonne La vérité comme une étoile.

Elle dit, la voix reconnue. Que la bonté c’est notre vie. Que de la haine et de l’envie Rien ne reste, la mort venue.

Elle parle aussi de la gloire D’être simple sans plus attendre, Et de noces d’or et du tendre Bonheur d’une paix sans victoire.

Accueillez la voix qui persiste Dans son naïf épithalame. Allez, rien n’est meilleur à l’âme Que de faire une âme moins triste !

Elle est en peine et de passage L’âme qui souffre sans colère. Et comme sa morale est claire !… Écoutez la chanson bien sage.

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Verlaine s’adresse à nous comme à un proche et nous invite à écouter une chanson très douce, discrète, légère comme « un frisson d’eau sur de la mousse ». Cette voix, autrefois aimée, paraît aujourd’hui voilée de tristesse, telle une veuve fière, mais elle ne se plaint pas. Sous son voile, elle laisse deviner une vérité lumineuse. Elle rappelle que la bonté est l’essentiel, que la haine et l’envie s’effacent avec la mort. Elle célèbre la simplicité, la paix sans victoire, le bonheur tendre et calme. Le locuteur nous demande d’accueillir cette voix persistante : rendre une âme moins triste est ce qu’il y a de meilleur. L’ensemble crée une atmosphère à la fois douce, mélancolique et consolante, comme une confidence murmurée qui invite à la sagesse et à l’apaisement.

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