Un homme invite sa compagne à profiter du calme d’un bois au crépuscule. La lumière tamisée par les hautes branches, le silence profond, les odeurs des pins et des arbousiers composent un refuge où les amants peuvent fondre leurs âmes, leurs cœurs et leurs sens. Le ton est celui d’une confidence sensuelle et apaisée : yeux mi-clos, bras croisés, l’aimée doit laisser partir toute pensée, tout projet, pour se laisser bercer par le vent qui ride l’herbe rousse. Le paysage entier paraît ralenti, assourdi, comme accordé à cette intimité. Pourtant, cette douceur n’est pas tout à fait sereine. Quand le soir tombe des chênes noirs, le rossignol devient « voix de notre désespoir ». L’abandon amoureux se mêle ainsi à une mélancolie discrète, comme si ce bonheur fragile portait déjà la conscience de sa fin. C’est une scène en sourdine, où le moindre souffle compte.
En sourdine — Résumé
Calmes dans le demi-jour Que les branches hautes font, Pénétrons bien notre amour De ce silence profond.
Fondons nos âmes, nos cœurs Et nos sens extasiés, Parmi les vagues langueurs Des pins et des arbousiers.
Ferme tes yeux à demi, Croise tes bras sur ton sein, Et de ton cœur endormi Chasse à jamais tout dessein.
Laissons-nous persuader Au souffle berceur et doux Qui vient à tes pieds rider Les ondes de gazon roux.
Et quand, solennel, le soir Des chênes noirs tombera, Voix de notre désespoir, Le rossignol chantera.