Green — Résumé

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches, Et puis voici mon cœur, qui ne bat que pour vous. Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches Et qu’à vos yeux si beaux l’humble présent soit doux.

J’arrive tout couvert encore de rosée Que le vent du matin vient glacer à mon front. Souffrez que ma fatigue, à vos pieds reposée, Rêve des chers instants qui la délasseront.

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête Toute sonore encore de vos derniers baisers ; Laissez-la s’apaiser de la bonne tempête, Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

Show the whole poemHide the poem

Application Learn Poems

Essaie l’application Learn Poems

Tout l’entraîneur du site, et plus encore : nouveaux exercices, enregistrement vocal et partage, rappels, rappel rapide.

Dès les premiers vers, un homme s’adresse à la femme aimée et lui offre des fruits, des fleurs, des feuilles, des branches, puis son propre cœur. Il ne demande pas un amour spectaculaire, mais un accueil tendre, presque suppliant. La fatigue est très présente : il arrive couvert de rosée, comme venu du matin, et souhaite déposer son épuisement aux pieds de l’aimée. L’atmosphère devient plus intime et sensuelle quand il demande à poser la tête sur sa poitrine, encore plein du souvenir de ses baisers. La « bonne tempête » dit à la fois le trouble amoureux et l’apaisement espéré. Le poème crée une impression de douceur lasse, de confiance et de désir de repos partagé : aimer, ici, c’est surtout trouver auprès de l’autre un lieu où se calmer, rêver et dormir.

Read also

More by Paul Verlaine

All poems
SadPaul Verlaine

Langueur

Je suis l’Empire à la fin de la décadence, Qui regarde passer les grands Barbares blancs En composant des acrostiches indolents D’un style d’or où la langueur du soleil danse.
AnxiousPaul Verlaine

Spleen

Les roses étaient toutes rouges, Et les lierres étaient tout noirs. Chère, pour peu que tu te bouges, Renaissent tous mes désespoirs.
SadPaul Verlaine

Il pleure dans mon cœur

Il pleure dans mon cœur Comme il pleut sur la ville, Quelle est cette langueur Qui pénètre mon cœur ?