Dès les premiers vers, un homme s’adresse à la femme aimée et lui offre des fruits, des fleurs, des feuilles, des branches, puis son propre cœur. Il ne demande pas un amour spectaculaire, mais un accueil tendre, presque suppliant. La fatigue est très présente : il arrive couvert de rosée, comme venu du matin, et souhaite déposer son épuisement aux pieds de l’aimée. L’atmosphère devient plus intime et sensuelle quand il demande à poser la tête sur sa poitrine, encore plein du souvenir de ses baisers. La « bonne tempête » dit à la fois le trouble amoureux et l’apaisement espéré. Le poème crée une impression de douceur lasse, de confiance et de désir de repos partagé : aimer, ici, c’est surtout trouver auprès de l’autre un lieu où se calmer, rêver et dormir.
Green — Résumé
Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches, Et puis voici mon cœur, qui ne bat que pour vous. Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches Et qu’à vos yeux si beaux l’humble présent soit doux.
J’arrive tout couvert encore de rosée Que le vent du matin vient glacer à mon front. Souffrez que ma fatigue, à vos pieds reposée, Rêve des chers instants qui la délasseront.
Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête Toute sonore encore de vos derniers baisers ; Laissez-la s’apaiser de la bonne tempête, Et que je dorme un peu puisque vous reposez.