Une voix apaisante s’adresse à une âme pâle, épuisée, peut-être le poète lui-même ou un être cher. L’espoir est d’abord une lueur fragile, comme un brin de paille qui brille dans l’ombre d’une étable : mince, mais réel. On invite cette âme à boire l’eau fraîche du puits, à ne pas craindre la guêpe ivre et folle, puis à dormir pendant la chaleur de midi. Le locuteur reste près d’elle, promet de veiller sur ses rêves comme on berce un enfant. L’atmosphère est lourde, tendre, un peu suspendue. Quand une femme approche, on l’éloigne avec douceur, car ses pas résonnent trop fort dans la tête des pauvres malheureux. À la fin, l’espoir reparaît sous la forme d’un caillou luisant dans un creux, et l’exclamation sur les roses de septembre laisse planer une nostalgie douce, un désir de renouveau. C’est un repli plein de soin, où la fatigue côtoie une attente fragile.
L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable — Résumé
L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable. Que crains-tu de la guêpe ivre de son vol fou ? Vois le soleil toujours poudroie à quelque trou. Que ne t’endormais-tu, le coude sur la table ?
Pauvre âme pâle, au moins cette eau du puits glacé, Bois-la. Puis dors après. Allons, tu vois, je reste, Et je dorloterai les rêves de ta sieste, Et tu chantonneras comme un enfant bercé.
Midi sonne. De grâce, éloignez-vous, madame. Il dort. C’est étonnant comme les pas de femme Résonnent au cerveau des pauvres malheureux.
Midi sonne. J’ai fait arroser dans la chambre. Va, dors ! L’espoir luit comme un caillou dans un creux. Ah, quand refleuriront les roses de septembre !