Le « je » se présente comme l’Empire à la fin de la décadence : il regarde passer les grands Barbares blancs en composant des acrostiches indolents, dans un style d’or où danse la langueur du soleil. L’âme seule souffre d’un ennui épais. Au loin, on parle de longs combats sanglants, mais le locuteur se sent trop faible et trop las pour y prendre part, pour ranimer un peu sa vie, ou même pour mourir un peu. Tout est bu, tout est mangé, plus rien à dire. Ce qui reste est dérisoire : un poème un peu niais jeté au feu, un esclave volage qui vous délaisse, un vague ennui sans raison. L’humeur est celle d’une fin de civilisation raffinée et épuisée, où la langueur remplace l’action.
Langueur — Résumé
Je suis l’Empire à la fin de la décadence, Qui regarde passer les grands Barbares blancs En composant des acrostiches indolents D’un style d’or où la langueur du soleil danse.
L’âme seulette a mal au cœur d’un ennui dense, Là-bas on dit qu’il est de longs combats sanglants. Ô n’y pouvoir, étant si faible aux vœux si lents, Ô n’y vouloir fleurir un peu cette existence !
Ô n’y vouloir, ô n’y pouvoir mourir un peu ! Ah ! tout est bu ! Bathylle, as-tu fini de rire ? Ah ! tout est bu, tout est mangé ! Plus rien à dire !
Seul un poème un peu niais qu’on jette au feu, Seul un esclave un peu coureur qui vous néglige, Seul un ennui d’on ne sait quoi qui vous afflige !