Le regard se lève par-dessus un toit : le ciel est bleu, calme, un arbre y balance sa palme. Une cloche tinte doucement, un oiseau chante ce qui ressemble à une plainte. Tout cela est simple, tranquille, et la rumeur paisible monte de la ville. Pourtant, cette sérénité extérieure rend plus vive la détresse de celui qui parle. Il se tourne vers lui-même et se parle à la deuxième personne, comme un juge intérieur : « Qu’as-tu fait de ta jeunesse ? » Le poème crée ainsi un contraste poignant entre le monde qui continue, paisible, et une conscience arrêtée dans le regret. La musicalité des vers, faite de répétitions et d’assonances, accompagne cette tristesse sans la dramatiser. On sent moins de la colère qu’une mélancolie douce, un constat amer murmuré devant un ciel trop bleu.
Le ciel est, par-dessus le toit — Résumé
Le ciel est, par-dessus le toit, Si bleu, si calme ! Un arbre, par-dessus le toit Berce sa palme.
La cloche dans le ciel qu’on voit Doucement tinte. Un oiseau sur l’arbre qu’on voit Chante sa plainte.
Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là, Simple et tranquille. Cette paisible rumeur-là Vient de la ville.
— Qu’as-tu fait, ô toi que voilà Pleurant sans cesse, Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà. De ta jeunesse ?