Apparition — Résumé

La lune s’attristait. Des séraphins en pleurs Rêvant, l’archet aux doigts, dans le calme des fleurs Vaporeuses, tiraient de mourantes violes De blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles — C’était le jour béni de ton premier baiser. Ma songerie aimant à me martyriser S’enivrait savamment du parfum de tristesse Que même sans regret et sans déboire laisse

La cueillaison d’un Rêve au cœur qui l’a cueilli. J’errais donc, l’œil rivé sur le pavé vieilli Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue Et dans le soir, tu m’es en riant apparue Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté Qui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâté Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées Neiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées.

Show the whole poemHide the poem

Application Learn Poems

Essaie l’application Learn Poems

Tout l’entraîneur du site, et plus encore : nouveaux exercices, enregistrement vocal et partage, rappels, rappel rapide.

La voix du poème se souvient d’un moment étrange, entre mélancolie et émerveillement. La lune paraît triste, des séraphins en pleurs tirent de leurs violes des sanglots blancs : tout ce décor vaporeux accompagne le souvenir du premier baiser. Cette joie reste teintée d’une douce tristesse, comme si cueillir un rêve laissait au cœur une empreinte nostalgique. Puis, dans la rue, au soir, la femme aimée apparaît en riant, du soleil dans les cheveux. Le regard amoureux la transforme en fée : elle ressemble à celle qui traversait autrefois les sommeils d’enfant, laissant neiger des bouquets d’étoiles parfumées. Le poème fait ainsi cohabiter la scène réelle et la vision intérieure, pour dire la puissance d’une apparition amoureuse.

Read also

More by Stéphane Mallarmé

All poems
AnxiousStéphane Mallarmé

Brise marine

La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres. Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres D’être parmi l’écume inconnue et les cieux ! Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux,
DreamyStéphane Mallarmé

Soupir

Mon âme vers ton front où rêve, ô calme sœur, Un automne jonché de taches de rousseur Et vers le ciel errant de ton œil angélique Monte, comme dans un jardin mélancolique,
DreamyStéphane Mallarmé

Tristesse d'été

Le soleil, sur le sable, ô lutteuse endormie, En l’or de tes cheveux chauffe un bain langoureux Et, consumant l’encens sur ta joue ennemie, Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux.