Le locuteur s’adresse à une figure aimée, appelée « calme sœur ». Son âme monte vers elle, vers son front et vers son regard angélique, comme un jet d’eau blanc qui, dans un jardin mélancolique, soupire en direction de l’azur. Ce mouvement vertical dit un élan amoureux et spirituel, tendu vers une pureté lumineuse. L’automne donne sa couleur au décor : un ciel d’octobre pâle et pur se mire dans de grands bassins, des feuilles mortes errent sur l’eau et le soleil jaune y traîne un long rayon. L’atmosphère est douce, languissante et un peu funèbre. Le locuteur paraît partagé entre cette aspiration vers l’azur et la mélancolie des choses qui se défont, comme si son propre soupir se confondait avec le paysage.
Soupir — Résumé
Mon âme vers ton front où rêve, ô calme sœur, Un automne jonché de taches de rousseur Et vers le ciel errant de ton œil angélique Monte, comme dans un jardin mélancolique, Fidèle, un blanc jet d’eau soupire vers l’Azur ! — Vers l’Azur attendri d’Octobre pâle et pur Qui mire aux grands bassins sa langueur infinie Et laisse, sur l’eau morte où la fauve agonie Des feuilles erre au vent et creuse un froid sillon, Se traîner le soleil jaune d’un long rayon.