Un soleil accablant enveloppe une femme étendue, entre désir et distance. La lumière chauffe ses cheveux, fait se mêler l’encens, les pleurs et un « breuvage amoureux » : une sensualité lourde, presque immobile. Cette femme dit pourtant une phrase désenchantée : ils ne seront jamais unis, même dans la mort, sous le désert ancien et les palmiers. Le bonheur rêvé reste figé, impossible. Le locuteur cherche alors dans la chevelure tiède une rivière où noyer l’âme qui le hante, pour atteindre un néant apaisant que la femme ne connaît pas. Il veut ensuite goûter les larmes de ses paupières, pour voir si elles peuvent donner au cœur blessé la froide indifférence de l’azur et des pierres. La voix est mélancolique, sensuelle, tendue entre l’ardeur du soleil et un rêve d’oubli. Le ton n’est pas seulement amoureux : il glisse vers le vide, comme si mourir au désir devenait la seule paix possible.
Tristesse d'été — Résumé
Le soleil, sur le sable, ô lutteuse endormie, En l’or de tes cheveux chauffe un bain langoureux Et, consumant l’encens sur ta joue ennemie, Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux.
De ce blanc Flamboiement l’immuable accalmie T’a fait dire, attristée, ô mes baisers peureux, « Nous ne serons jamais une seule momie Sous l’antique désert et les palmiers heureux ! »
Mais ta chevelure est une rivière tiède, Où noyer sans frissons l’âme qui nous obsède Et trouver ce Néant que tu ne connais pas.
Je goûterai le fard pleuré par tes paupières, Pour voir s’il sait donner au cœur que tu frappas L’insensibilité de l’azur et des pierres.