Le lilas, le chant des oiseaux, un baiser : tout, ici-bas, est voué à disparaître. Pourtant, chaque strophe oppose à cette fragilité un rêve obstiné de durée. Les étés, les baisers, les couples « demeurent / Toujours » dans l’esprit du locuteur, alors que la réalité ne laisse que des effleurements, des chants courts, des larmes sur les amitiés ou les amours perdues.
Ce contraste entre l’éphémère et la permanence crée une atmosphère douce et mélancolique. La répétition d’« Ici-bas » et le mot « Toujours », isolé en fin de strophe, donnent un balancement de plainte et d’espoir. On sent moins une révolte qu’une tristesse résignée : le locuteur pleure ce qui passe, tout en se réfugiant dans l’image de ce qui pourrait durer. C’est cette douceur perdue qui rend le rêve si poignant.