L’image initiale est simple et mélancolique : après le départ des oiseaux, les nids se décomposent, et l’auteur se demande ce que sont devenus nos berceaux. Le sien traîne au fond d’un grenier, rongé par un oubli lent. Il l’embrasserait pourtant avec émotion, car son enfance y rit encore. Ce qu’il revoit surtout, c’est le visage de sa mère penché sur lui, des yeux où il apprenait à la fois l’amour et la lumière. Puis la confidence s’élargit : adultes, nous cherchons toujours un refuge, un berceau symbolique sur le cœur d’amis fidèles ou de femmes aimantes. L’instinct de vivre blotti ne disparaît pas avec l’âge. Mais le berceau, comme l’enfance, devient trop petit et finit par trahir. L’atmosphère reste douce, traversée d’un regret discret devant le temps qui passe.
Les Berceaux — Résumé
Après le départ des oiseaux, Les nids abandonnés pourrissent. Que sont devenus nos berceaux ? De leur bois les vers se nourrissent.
Le mien traîne au fond des greniers, L’oubli morne et lent le dévore ; Je l’embrasserais volontiers, Car mon enfance y rit encore.
C’est là que j’avais nuit et jour, Pour ciel de lit, des yeux de mère Où mon âme épelait l’amour Et ma prunelle la lumière.
Sur le cœur d’amis sûrs et bons, Femmes sans tache, sur le vôtre, C’est un berceau que nous rêvons Sous une forme ou sous une autre.
Cet instinct de vivre blottis Dure encore à l’âge où nous sommes ; Pourquoi donc, si tôt trop petits, Berceaux, trahissez-vous les hommes ?