Un homme seul imagine ce qui pourrait adoucir sa vie si une personne, en passant, devinait sa tristesse. Chaque strophe reprend la même supposition : « Si vous saviez… » Il ne formule aucune exigence ; il rêve aux gestes simples qui naîtraient de cette compréhension. Elle passerait devant sa demeure, regarderait sa fenêtre, s’assoirait sous sa porte comme une sœur. Le regard devient un baume, la présence un remède au cœur vide. L’aveu final est timide et bouleversant : s’il disait qu’il aime, et surtout comment, elle entrerait peut-être « tout simplement ». Le ton reste doux, retenu, presque chuchoté. La solitude ne se change pas en reproche ; elle se fait appel discret, fragile et plein d’espoir. L’atmosphère est intime, mélancolique, traversée par une pudeur qui rend l’aveu plus touchant.
Prière — Résumé
Ah ! Si vous saviez comme on pleure De vivre seul et sans foyers, Quelquefois devant ma demeure Vous passeriez.
Si vous saviez ce que fait naître Dans l’âme triste un pur regard, Vous regarderiez ma fenêtre Comme au hasard.
Si vous saviez quel baume apporte Au cœur la présence d’un cœur, Vous vous assoiriez sous ma porte Comme une sœur.
Si vous saviez que je vous aime, Surtout si vous saviez comment, Vous entreriez peut-être même Tout simplement.