Dès le premier vers, une voix évoque un être aimé qu’elle ne peut ni voir ni entendre, et dont elle interdit même de prononcer le nom tout haut. Le locuteur exprime une attente fidèle, toujours recommencée. Il ouvre les bras, mais ne rencontre que le vide, et pourtant il les tend encore. L’amour devient alors une tension épuisante vers l’absent, nourrie de larmes et de silence. La répétition de « toujours l’aimer » donne au texte un rythme de litanie, comme un soupir qui revient sans fin. L’ambiance est à la fois douce et douloureuse : ni révolte ni espoir de retour, seulement une fidélité mélancolique, presque résignée. On ressent l’amour non comme une joie, mais comme un manque que l’on chérit et que l’on ne veut pas abandonner.
Soupir — Résumé
Ne jamais la voir ni l’entendre, Ne jamais tout haut la nommer, Mais, fidèle, toujours l’attendre, Toujours l’aimer.
Ouvrir les bras et, las d’attendre, Sur le néant les refermer, Mais encor, toujours les lui tendre, Toujours l’aimer.
Ah ! Ne pouvoir que les lui tendre, Et dans les pleurs se consumer, Mais ces pleurs toujours les répandre, Toujours l’aimer.
Ne jamais la voir ni l’entendre, Ne jamais tout haut la nommer, Mais d’un amour toujours plus tendre Toujours l’aimer.