À une femme — Résumé

Victor HugoRomantic

Enfant ! si j’étais roi, je donnerais l’empire, Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux, Et ma couronne d’or, et mes bains de porphyre, Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire, Pour un regard de vous !

Si j’étais Dieu, la terre et l’air avec les ondes, Les anges, les démons courbés devant ma loi, Et le profond chaos aux entrailles fécondes, L’éternité, l’espace, et les cieux, et les mondes, Pour un baiser de toi !

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Victor Hugo s’adresse à une femme qu’il appelle « Enfant » et imagine deux situations immenses. S’il était roi, il abandonnerait toutes les marques de sa puissance — l’empire, le char, le sceptre, le peuple à genoux, la couronne, les bains de porphyre, les flottes — en échange d’un seul regard d’elle. S’il était Dieu, il sacrifierait encore plus : la terre, l’air, les ondes, les anges, les démons, le chaos, l’éternité, l’espace, les cieux et les mondes, pour un simple baiser. Tout repose sur une hyperbole amoureuse : rien, ni le pouvoir d’un roi ni la toute-puissance divine, ne vaut l’attention de la femme aimée. On remarque aussi le passage du « vous » au « toi » : la deuxième strophe devient plus proche, plus intime, comme si l’amour rapprochait la femme à mesure que l’offrande grandit. Le ton est à la fois grandiose et tendre, presque enfantin dans l’excès, et crée une atmosphère d’adoration absolue où le désir se mesure à l’infini du sacrifice.

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