Poems on the topic: amour

Poems on the topic “amour” on Poets.by.

RomanticLeconte de Lisle

Nell

Ta rose de pourpre, à ton clair soleil, O Juin, étincelle enivrée ; Penche aussi vers moi ta coupe dorée : Mon cœur à ta rose est pareil. Sous le mol abri de la feuille ombreuse Monte un soupir de volupté ; Plus d’un ramier chante au bois écarté, O mon cœur, sa plainte amoureuse. Que ta perle est douce au ciel parfumé, Étoile de la nuit pensive ! Mais combien plus douce est la clarté vive Qui rayonne en mon cœur charmé ! La chantante mer, le long du rivage, Taira son murmure éternel, Avant qu’en mon cœur, chère amour, ô Nell, Ne fleurisse plus ton image !
RomanticLeconte de Lisle

Lydia

Lydia, sur tes roses joues, Et sur ton col frais, et plus blanc Que le lait, roule étincelant L'or fluide que tu dénoues. Le jour qui luit est le meilleur : Oublions l'éternelle tombe. Laisse tes baisers de colombe Chanter sur tes lèvres en fleur. Un lys caché répand sans cesse Une odeur divine en ton sein : Les délices, comme un essaim, Sortent de toi, jeune Déesse ! Je t'aime et meurs, ô mes amours ! Mon âme en baisers m'est ravie. Ô Lydia, rends-moi la vie, Que je puisse mourir toujours !
DreamyLeconte de Lisle

Les Roses d'Ispahan

Les roses d’Ispahan dans leur gaîne de mousse, Les jasmins de Mossoul, les fleurs de l’oranger Ont un parfum moins frais, ont une odeur moins douce, Ô blanche Leïlah ! que ton souffle léger. Ta lèvre est de corail, et ton rire léger Sonne mieux que l’eau vive et d’une voix plus douce, Mieux que le vent joyeux qui berce l’oranger, Mieux que l’oiseau qui chante au bord du nid de mousse. Mais la subtile odeur des roses dans leur mousse, La brise qui se joue autour de l’oranger Et l’eau vive qui flue avec sa plainte douce Ont un charme plus sûr que ton amour léger ! Ô Leïlah ! depuis que de leur vol léger Tous les baisers ont fui de ta lèvre si douce, Il n’est plus de parfum dans le pâle oranger,
SadJean-Baptiste Clément

Le Temps des cerises

Quand nous chanterons le temps des cerises, Et gai rossignol, et merle moqueur Seront tous en fête ! Les belles auront la folie en tête Et les amoureux, du soleil au cœur ! Quand nous chanterons le temps des cerises, Sifflera bien mieux le merle moqueur ! Mais il est bien court, le temps des cerises Où l’on s’en va deux, cueillir en rêvant Des pendants d’oreilles… Cerises d’amour aux roses pareilles, Tombant sous la feuille en gouttes de sang… Mais il est bien court, le temps des cerises, Pendants de corail qu’on cueille en rêvant ! Quand vous en serez au temps des cerises, Si vous avez peur des chagrins d’amour,
DreamyGuillaume Apollinaire

Mai

Le mai le joli mai en barque sur le Rhin Des dames regardaient du haut de la montagne Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne Qui donc a fait pleurer les saules riverains Or des vergers fleuris se figeaient en arrière Les pétales tombés des cerisiers de mai Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée Les pétales flétris sont comme ses paupières Sur le chemin du bord du fleuve lentement Un ours un singe un chien menés par des tziganes Suivaient une roulotte traînée par un âne Tandis que s’éloignait dans les vignes rhénanes Sur un fifre lointain un air de régiment Le mai le joli mai a paré les ruines De lierre de vigne vierge et de rosiers Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
ContemplativeGuillaume Apollinaire

Le Pont Mirabeau

Sous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu’il m’en souvienne La joie venait toujours après la peine Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure Les mains dans les mains restons face à face Tandis que sous Le pont de nos bras passe Des éternels regards l’onde si lasse Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure L’amour s’en va comme cette eau courante L’amour s’en va Comme la vie est lente Et comme l’Espérance est violente
DreamyGuillaume Apollinaire

La Tzigane

La tzigane savait d’avance Nos deux vies barrées par les nuits Nous lui dîmes adieu et puis De ce puits sortit l’Espérance L’amour lourd comme un ours privé Dansa debout quand nous voulûmes Et l’oiseau bleu perdit ses plumes Et les mendiants leurs Ave On sait très bien que l’on se damne Mais l’espoir d’aimer en chemin Nous fait penser main dans la main À ce qu’a prédit la tzigane
CheerfulGuillaume Apollinaire

La Puce

Puces, amis, amantes même, Qu’ils sont cruels ceux qui nous aiment ! Tout notre sang coule pour eux. Les bien-aimés sont malheureux.
SadGuillaume Apollinaire

Automne

Dans le brouillard s’en vont un paysan cagneux Et son bœuf lentement dans le brouillard d’automne Qui cache les hameaux pauvres et vergogneux Et s’en allant là-bas le paysan chantonne Une chanson d’amour et d’infidélité Qui parle d’une bague et d’un cœur que l’on brise Oh ! l’automne l’automne a fait mourir l’été Dans le brouillard s’en vont deux silhouettes grises
AnxiousCatherine Pozzi

Nyx

Ô vous mes nuits, ô noires attendues Ô pays fier, ô secrets obstinés Ô longs regards, ô foudroyantes nues Ô vol permis outre les cieux fermés. Ô grand désir, ô surprise épandue Ô beau parcours de l’esprit enchanté Ô pire mal, ô grâce descendue Ô porte ouverte où nul n’avait passé Je ne sais pas pourquoi je meurs et noie Avant d’entrer à l’éternel séjour. Je ne sais pas de qui je suis la proie. Je ne sais pas de qui je suis l’amour.
ContemplativeCatherine Pozzi

Ave

Très haut amour, s’il se peut que je meure Sans avoir su d’où je vous possédais, En quel soleil était votre demeure En quel passé votre temps, en quelle heure Je vous aimais, Très haut amour qui passez la mémoire, Feu sans foyer dont j’ai fait tout mon jour, En quel destin vous traciez mon histoire, En quel sommeil se voyait votre gloire, Ô mon séjour… Quand je serai pour moi-même perdue Et divisée à l’abîme infini, Infiniment, quand je serai rompue, Quand le présent dont je suis revêtue Aura trahi, Par l’univers en mille corps brisée,
CheerfulArthur Rimbaud

Roman

I On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. — Un beau soir, foin des bocks et de la limonade, Des cafés tapageurs aux lustres éclatants ! — On va sous les tilleuls verts de la promenade. Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin ! L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ; Le vent chargé de bruits, — la ville n’est pas loin, — A des parfums de vigne et des parfums de bière… II — Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon D’azur sombre, encadré d’une petite branche, Piqué d’une mauvaise étoile, qui se fond Avec de doux frissons, petite et toute blanche… Nuit de juin ! Dix-sept ans ! — On se laisse griser. La sève est du champagne et vous monte à la tête…

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