Dès les premiers vers, le locuteur célèbre l’arrivée de l’hiver avec un vrai plaisir physique : le froid, les chaumes secs, l’odeur du foin, le feu qui s’éveille au château. Pour lui, cette saison annonce la ville. Il se souvient de son retour à Paris un an plus tôt, du Louvre, de son dôme, de la Seine sous les lanternes. Tout ce gris, ces passants, cette atmosphère lui semblaient alors pleins de promesse. Ce n’était pas seulement Paris qu’il retrouvait, mais une femme aimée, dont les longs regards devaient le réchauffer comme un foyer. Il saluait déjà ses murs avec ferveur. Puis la chute arrive, brutale : qui aurait pu lui dire que le cœur de cette femme avait si vite changé ? La joie du souvenir se mue en amertume, et l’hiver, d’abord complice, devient le cadre d’une désillusion.
Que j’aime le premier frisson d’hiver — Résumé
Que j’aime le premier frisson d’hiver ! le chaume, Sous le pied du chasseur, refusant de ployer ! Quand vient la pie aux champs que le foin vert embaume, Au fond du vieux château s’éveille le foyer ;
C’est le temps de la ville. — Oh ! lorsque, l’an dernier, J’y revins, que je vis ce bon Louvre et son dôme, Paris et sa fumée, et tout ce beau royaume (J’entends encore au vent les postillons crier),
Que j’aimais ce temps gris, ces passants, et la Seine Sous ses mille falots assise en souveraine ! J’allais revoir l’hiver. — Et toi, ma vie, et toi,
Oh ! dans tes longs regards j’allais tremper mon âme ; Je saluais tes murs. — Car, qui m’eût dit, madame, Que votre cœur sitôt avait changé pour moi ?