Le Buffet — Résumé

Arthur RimbaudContemplative

C’est un large buffet sculpté ; le chêne sombre, Très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens ; Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants ;

Tout plein, c’est un fouillis de vieilles vieilleries, De linges odorants et jaunes, de chiffons De femmes ou d’enfants, de dentelles flétries, De fichus de grand’mère où sont peints des griffons ;

— C’est là qu’on trouverait les médaillons, les mèches De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sèches Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.

— Ô buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires, Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis Quand s’ouvrent lentement tes grandes portes noires.

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Rimbaud regarde un large buffet en chêne sombre, si vieux qu’il semble avoir pris l’air bienveillant des personnes âgées. Ouvert, il répand une odeur comparée à un flot de vin vieux : linges jaunis, dentelles fanées, chiffons de femmes ou d’enfants, fichus anciens. Le regard s’y perd parmi des objets modestes, mais chargés d’affection. On devine aussi des médaillons, des mèches de cheveux, des portraits et des fleurs séchées, comme des traces intimes d’existences passées.

Le meuble est animé d’une vie secrète. Le poète lui prête une mémoire : il sait des histoires, voudrait raconter ses contes et bruisse quand ses grandes portes noires s’ouvrent lentement. La voix reste contemplative, presque recueillie, comme devant une relique familiale. L’émotion est une nostalgie douce et un peu mystérieuse. L’atmosphère mêle chaleur, poussière et parfums anciens ; le temps semble s’être arrêté dans ce lieu familier et mélancolique.

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