Apollinaire s’adresse à l’automne comme à un être malade qu’il aime tendrement. Il prédit sa mort quand l’ouragan balaiera les roseraies et que la neige tombera sur les vergers. Cette disparition n’a pourtant rien de triste : l’automne meurt « en blancheur et en richesse », parmi les fruits mûrs, sous les éperviers qui planent et les cerfs qui brament au loin. Des figures étranges, comme des nixes aux cheveux verts qui n’ont jamais aimé, donnent au paysage une aura de légende.
Le poète exprime ensuite son amour pour les bruits de la saison : les fruits qui tombent sans qu’on les cueille, le vent et la forêt qui pleurent toutes leurs larmes feuille à feuille. Les derniers vers, rapides comme une chanson, disent les feuilles qu’on foule, un train qui roule, la vie qui s’écoule. L’ensemble crée une mélancolie douce, où la beauté du déclin se mêle à la conscience du temps qui passe.