Crépuscule — Résumé

Frôlée par les ombres des morts Sur l’herbe où le jour s’exténue L’arlequine s’est mise nue Et dans l’étang mire son corps

Un charlatan crépusculaire Vante les tours que l’on va faire Le ciel sans teinte est constellé D’astres pâles comme du lait

Sur les tréteaux l’arlequin blême Salue d’abord les spectateurs Des sorciers venus de Bohême Quelques fées et les enchanteurs

Ayant décroché une étoile Il la manie à bras tendu Tandis que des pieds un pendu Sonne en mesure les cymbales

L’aveugle berce un bel enfant La biche passe avec ses faons Le nain regarde d’un air triste Grandir l’arlequin trismégiste

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Au crépuscule, dans un demi-jour étrange, une arlequine se dénude près d’un étang où se reflète son corps, frôlée par les ombres des morts. Autour d’elle, un petit monde de foire s’anime : un charlatan annonce des tours, un arlequin blême salue sorciers, fées et enchanteurs, décroche une étoile, tandis qu’un pendu joue des cymbales avec ses pieds. Un aveugle berce un enfant, une biche passe avec ses faons, un nain regarde grandir l’arlequin trismégiste.

Le ton n’est ni joyeux ni effrayant, mais suspendu, mélancolique et un peu spectral. La lumière pâle, les astres laiteux et ces figures de cirque ou de légende créent une atmosphère de rêve éveillé. On a l’impression d’un monde entre chien et loup où le merveilleux et la mort se côtoient sans drame, comme si toute la scène appartenait à un souvenir ou à une vision.

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