Au crépuscule, dans un demi-jour étrange, une arlequine se dénude près d’un étang où se reflète son corps, frôlée par les ombres des morts. Autour d’elle, un petit monde de foire s’anime : un charlatan annonce des tours, un arlequin blême salue sorciers, fées et enchanteurs, décroche une étoile, tandis qu’un pendu joue des cymbales avec ses pieds. Un aveugle berce un enfant, une biche passe avec ses faons, un nain regarde grandir l’arlequin trismégiste.
Le ton n’est ni joyeux ni effrayant, mais suspendu, mélancolique et un peu spectral. La lumière pâle, les astres laiteux et ces figures de cirque ou de légende créent une atmosphère de rêve éveillé. On a l’impression d’un monde entre chien et loup où le merveilleux et la mort se côtoient sans drame, comme si toute la scène appartenait à un souvenir ou à une vision.