Dans ces quatre vers, Apollinaire transforme les journées en souris qui grignotent discrètement la vie. L’image est simple, presque légère, mais elle porte une angoisse réelle : le temps avance sans bruit, par petites morsures. Le locuteur s’arrête brusquement sur son âge — vingt-huit ans — et le dit avec un cri intérieur, entre constat et plainte. Il regarde ses années passées et les juge « mal vécues ». L’expression « à mon envie » reste ouverte : on y sent un regret personnel, comme si ces années n’avaient pas répondu à ce qu’il espérait, ou comme s’il avait cédé à des désirs qui ne l’ont pas comblé. L’ensemble crée ainsi une atmosphère douce-amère, où la futilité apparente de la souris cache un bilan intime douloureux.
La Souris — Résumé
Belles journées, souris du temps, Vous rongez peu à peu ma vie. Dieu ! je vais avoir vingt-huit ans, Et mal vécus, à mon envie.