Dans une nuit au bord du Rhin, un buveur écoute un batelier raconter une histoire étrange : sept femmes aux cheveux verts et longs, vues sous la lune. Pour ne plus entendre ce chant, le locuteur réclame une ronde, des voix plus fortes et la présence des filles blondes aux nattes repliées. Mais l’envoûtement ne se laisse pas chasser. Le Rhin paraît ivre, l’or des nuits tremble dans les vignes, et la voix du batelier continue, comme si ces fées incantaient l’été. On sent à la fois de la fascination et une peur douce, un désir de noyer le mystère dans le bruit et la jeunesse. La fin brutale — un verre qui se brise « comme un éclat de rire » — mêle éclat et fragilité : la nuit légendaire garde son pouvoir, et l’ivresse éclate en un rire nerveux.
Nuit rhénane — Résumé
Mon verre est plein d’un vin trembleur comme une flamme Écoutez la chanson lente d’un batelier Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu’à leurs pieds
Debout chantez plus haut en dansant une ronde Que je n’entende plus le chant du batelier Et mettez près de moi toutes les filles blondes Au regard immobile aux nattes repliées
Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent Tout l’or des nuits tombe en tremblant s’y refléter La voix chante toujours à en râle-mourir Ces fées aux cheveux verts qui incantent l’été
Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire