Un colibri vert quitte son nid baigné de rosée et de soleil, attiré par une fleur d’açoka rouge au parfum enivrant. Il descend vers cette fleur dorée, s’y pose et boit avec tant d’ardeur qu’il en meurt, sans savoir s’il a pu tarir sa coupe rose. Cette scène lumineuse devient une image du désir du poète : il aurait voulu, lui aussi, voir son âme mourir sur les lèvres pures de la femme aimée, au moment du premier baiser qui l’a parfumée. L’atmosphère est à la fois sensuelle, éclatante et mélancolique : l’amour y apparaît comme une ivresse si intense qu’elle se confond avec la mort, et la nature reflète ce désir humain, fragile et absolu.
Le Colibri — Résumé
Le vert colibri, le roi des collines, Voyant la rosée et le soleil clair Luire dans son nid tissé d’herbes fines, Comme un frais rayon s’échappe dans l’air.
Il se hâte et vole aux sources voisines Où les bambous font le bruit de la mer, Où l’açoka rouge, aux odeurs divines, S’ouvre et porte au cœur un humide éclair.
Vers la fleur dorée il descend, se pose, Et boit tant d’amour dans la coupe rose, Qu’il meurt, ne sachant s’il l’a pu tarir.
Sur ta lèvre pure, ô ma bien-aimée, Telle aussi mon âme eût voulu mourir Du premier baiser qui l’a parfumée !