Dès les premiers vers, une voix presse l’être aimé de se lever : le printemps vient de naître, tout frissonne et chante, et la fenêtre est pleine de soleil. L’énumération des fleurs et des insectes crée un tableau joyeux et sensuel. Le locuteur ne se contente pas de décrire la nature, il y lit un appel à l’amour : le muguet sauvage a « réveillé l’amour endormi dans les bois ». Il invite donc sa compagne à laisser mante lourde et manchon, à venir marcher dans la rosée, à écouter l’oiseau et à retrouver les pervenches assorties à ses yeux bleus. Le poème mêle élan amoureux et fraîcheur matinale. Tout y paraît léger, clair, impérieux et tendre à la fois. La nature n’est pas un simple décor : elle encourage, accompagne et justifie le désir de partir à deux, avant les chaleurs brûlantes du jour.
Chanson d'avril — Résumé
Lève-toi ! lève-toi ! le printemps vient de naître. Là-bas, sur les vallons, flotte un réseau vermeil. Tout frissonne au jardin, tout chante, et ta fenêtre, Comme un regard joyeux, est pleine de soleil.
Les larges espaliers, couverts de boutons roses, De leur haleine douce embaument le ciel pur. Seule, la vigne est nue, et, près des fleurs écloses, Comme un serpent transi rampe au long du vieux mur.
Du côté des lilas aux touffes violettes, Mouches et papillons bruïssent à la fois ; Et le muguet sauvage, ébranlant ses clochettes, A réveillé l’amour endormi dans les bois.
Puisque avril a semé ses marguerites blanches, Laisse ta mante lourde et ton manchon frileux ; Déjà l’oiseau t’appelle, et tes sœurs les pervenches Te souriront dans l’herbe en voyant tes yeux bleus.
Viens, partons ! Au matin, la source est plus limpide ; N’attendons pas du jour les brûlantes chaleurs ; Je veux mouiller mes pieds dans la rosée humide, Et te parler d’amour sous les poiriers en fleurs !