Le sylphe se présente comme une présence aussi légère qu’un parfum porté par le vent : invisible, à peine arrivé, déjà disparu. Valéry en fait une figure de l’inspiration ou de la pensée fugitive, qui échappe au regard et à la compréhension. La question « Hasard ou génie ? » laisse entendre que cette apparition peut être un caprice du hasard ou un éclair de création. Le ton est celui d’un jeu élégant, un peu moqueur, avec une pointe de sensualité dans l’image finale du sein nu entre deux chemises. L’humeur est légère, rapide, amusée : tout se dérobe au moment même où l’on croit le saisir.
Le Sylphe — Résumé
Ni vu ni connu Je suis le parfum Vivant et défunt Dans le vent venu !
Ni vu ni connu Hasard ou génie ? À peine venu La tâche est finie !
Ni lu ni compris ? Aux meilleurs esprits Que d’erreurs promises !
Ni vu ni connu, Le temps d’un sein nu Entre deux chemises !