À Clymène — Résumé

Mystiques barcarolles, Romances sans paroles, Chère puisque tes yeux. Couleur des cieux,

Puisque ta voix, étrange Vision qui dérange Et trouble l’horizon De ma raison,

Puisque l’arôme insigne De ta pâleur de cygne Et puisque la candeur De ton odeur.

Ah ! puisque tout ton être, Musique qui pénètre, Nimbes d’anges défunts, Tons et parfums,

A sur d’almes cadences En ses correspondances Induit mon cœur subtil, Ainsi soit-il !

Show the whole poemHide the poem

Application Learn Poems

Essaie l’application Learn Poems

Tout l’entraîneur du site, et plus encore : nouveaux exercices, enregistrement vocal et partage, rappels, rappel rapide.

Le poète s’adresse à Clymène comme on murmure une prière amoureuse. Tout chez elle le ravit et le bouleverse : ses yeux ont la couleur du ciel, sa voix devient une vision qui trouble sa raison, sa pâleur de cygne se fait parfum, et son être entier est musique, nimbe, ton et senteur. Les sensations se mélangent, se répondent : la vue, l’ouïe, l’odorat ne sont plus séparés. Ce trouble n’a rien de douloureux ; il ressemble à une extase douce, portée par le rythme berceur des vers et par les sonorités fluides. Le poème glisse comme une barcarolle, entre rêve, mélancolie et dévotion. On y entend moins un raisonnement qu’une musique. Le dernier mot, « Ainsi soit-il », donne à cette déclaration la gravité d’un amen : l’amour devient une foi, et la femme aimée, une apparition presque céleste.

Read also

More by Paul Verlaine

All poems
SadPaul Verlaine

Langueur

Je suis l’Empire à la fin de la décadence, Qui regarde passer les grands Barbares blancs En composant des acrostiches indolents D’un style d’or où la langueur du soleil danse.
AnxiousPaul Verlaine

Spleen

Les roses étaient toutes rouges, Et les lierres étaient tout noirs. Chère, pour peu que tu te bouges, Renaissent tous mes désespoirs.
SadPaul Verlaine

Il pleure dans mon cœur

Il pleure dans mon cœur Comme il pleut sur la ville, Quelle est cette langueur Qui pénètre mon cœur ?