Une âme devient ici un paysage choisi, peuplé de masques charmants et de bergamasques qui jouent du luth et dansent presque tristement sous leurs déguisements fantasques. Verlaine s’adresse à un être dont l’intériorité prend la forme d’une fête galante au clair de lune. Les personnages chantent l’amour vainqueur et la vie heureuse, mais sur un mode mineur, comme s’ils ne croyaient pas à leur bonheur. Le clair de lune enveloppe la scène d’une lumière calme, belle et mélancolique. Il fait rêver les oiseaux dans les arbres et transforme les grands jets d’eau sveltes, parmi les marbres, en sanglots d’extase. On ressent une gaieté fragile, mêlée de nostalgie et de mystère. La fête paraît sur le point de se dissoudre dans la tristesse du paysage. Rien n’est vraiment raconté : le poème installe une atmosphère de songe, où le décor extérieur reflète un état d’âme secret.
Clair de lune — Résumé
Votre âme est un paysage choisi Que vont charmants masques et bergamasques Jouant du luth et dansant et quasi Tristes sous leurs déguisements fantasques.
Tout en chantant sur le mode mineur L’amour vainqueur et la vie opportune, Ils n’ont pas l’air de croire à leur bonheur Et leur chanson se mêle au clair de lune,
Au calme clair de lune triste et beau, Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres Et sangloter d’extase les jets d’eau, Les grands jets d’eau sveltes parmi les marbres.