Un faune de terre cuite rit au milieu d’un jardin, et ce rire semble annoncer que la sérénité actuelle ne va pas durer. Le locuteur s’adresse à une compagne, comme si tous deux venaient de traverser des moments paisibles, en pèlerins mélancoliques. Ces instants sereins les ont menés jusqu’à l’heure présente, mais le faune, figure païenne et moqueuse, introduit une note d’inquiétude : son rire n’est pas bienveillant, il laisse entendre une suite mauvaise. Le présent se trouble alors : l’heure fuit, elle tournoie au son des tambourins, entre plaisir et vertige. Le contraste entre le calme des boulingrins et ce tournoiement renforce l’impression douce-amère. Il y a un bonheur fragile, déjà menacé, et le sentiment que le temps emporte les instants calmes. Le décor de verdure et la statue ancienne donnent à la scène une atmosphère à la fois élégante et légèrement inquiétante.
Le Faune — Résumé
Un vieux faune de terre cuite Rit au centre des boulingrins, Présageant sans doute une suite Mauvaise à ces instants sereins
Qui m’ont conduit et t’ont conduite, Mélancoliques pèlerins, Jusqu’à cette heure dont la fuite Tournoie au son des tambourins.