Dans un songe qui revient souvent, le locuteur rencontre une femme inconnue qu’il aime et qui l’aime. Elle n’est jamais tout à fait la même ni tout à fait une autre : figure rêvée, à la fois proche et insaisissable. Elle seule le comprend ; pour elle seule, son cœur cesse d’être un problème. Elle seule sait rafraîchir son front blême en pleurant. Cette confidence intime dit une solitude apaisée par l’imaginaire et un désir de transparence amoureuse.
Son apparence reste volontairement floue : brune, blonde ou rousse, il l’ignore ; son nom lui semble doux et sonore, comme celui d’êtres chers que la vie a éloignés. Son regard, pareil à celui des statues, et sa voix lointaine, calme et grave, rappellent les voix aimées aujourd’hui éteintes. Une atmosphère douce et mélancolique se dégage, entre tendresse, souvenir et absence, où le rêve tient lieu de présence.