Mon rêve familier — Résumé

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime, Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur, transparent Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême, Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? — Je l’ignore. Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues, Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

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Dans un songe qui revient souvent, le locuteur rencontre une femme inconnue qu’il aime et qui l’aime. Elle n’est jamais tout à fait la même ni tout à fait une autre : figure rêvée, à la fois proche et insaisissable. Elle seule le comprend ; pour elle seule, son cœur cesse d’être un problème. Elle seule sait rafraîchir son front blême en pleurant. Cette confidence intime dit une solitude apaisée par l’imaginaire et un désir de transparence amoureuse.

Son apparence reste volontairement floue : brune, blonde ou rousse, il l’ignore ; son nom lui semble doux et sonore, comme celui d’êtres chers que la vie a éloignés. Son regard, pareil à celui des statues, et sa voix lointaine, calme et grave, rappellent les voix aimées aujourd’hui éteintes. Une atmosphère douce et mélancolique se dégage, entre tendresse, souvenir et absence, où le rêve tient lieu de présence.

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