Verlaine fait défiler sous nos yeux des figures de la commedia dell’arte dans une atmosphère de petite scène italienne. Pierrot, loin du personnage galant de Clitandre, se contente de vider une bouteille et d’entamer un pâté : geste trivial, presque comique. Cassandre, au fond de l’avenue, pleure un neveu déshérité d’une larme que personne ne remarque. Arlequin, lui, prépare un enlèvement amoureux et pirouette quatre fois, comme si le rapt n’était qu’une figure de danse.
Pourtant, le dernier quatrain glisse vers autre chose : Colombine, surprise, croit sentir un cœur dans la brise et entend des voix en elle. Le ton devient plus rêveur, presque inquiet. L’ensemble crée un petit théâtre à la fois léger et mélancolique, où les gestes de farce laissent affleurer un trouble amoureux.