Un vase de cristal où meurt une verveine a été fêlé par un coup d’éventail, sans bruit. La fêlure paraît minuscule, mais elle progresse lentement autour du cristal, d’une marche invisible et sûre : l’eau s’échappe goutte à goutte, la fleur se fane, et personne ne s’en aperçoit. Pourtant, le vase est déjà brisé.
Le poème glisse ensuite vers une confidence : la main d’une personne aimée peut, elle aussi, effleurer le cœur et le meurtrir. La blessure s’approfondit en silence, l’amour dépérit, tandis que tout semble intact aux yeux des autres ; le cœur se fend de lui-même. Le ton est doux, retenu, mélancolique : on sent une douleur cachée qui pleure tout bas. La phrase répétée « N’y touchez pas, il est brisé » devient un avertissement délicat, presque une prière pour qu’on respecte cette fragilité invisible.