Le Vase brisé — Résumé

Le vase où meurt cette verveine D’un coup d’éventail fut fêlé ; Le coup dut effleurer à peine : Aucun bruit ne l’a révélé.

Mais la légère meurtrissure, Mordant le cristal chaque jour, D’une marche invisible et sûre En a fait lentement le tour.

Son eau fraîche a fui goutte à goutte, Le suc des fleurs s’est épuisé ; Personne encore ne s’en doute ; N’y touchez pas, il est brisé.

Souvent aussi la main qu’on aime, Effleurant le cœur, le meurtrit ; Puis le cœur se fend de lui-même, La fleur de son amour périt ;

Toujours intact aux yeux du monde, Il sent croître et pleurer tout bas Sa blessure fine et profonde ; Il est brisé, n’y touchez pas.

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Un vase de cristal où meurt une verveine a été fêlé par un coup d’éventail, sans bruit. La fêlure paraît minuscule, mais elle progresse lentement autour du cristal, d’une marche invisible et sûre : l’eau s’échappe goutte à goutte, la fleur se fane, et personne ne s’en aperçoit. Pourtant, le vase est déjà brisé.

Le poème glisse ensuite vers une confidence : la main d’une personne aimée peut, elle aussi, effleurer le cœur et le meurtrir. La blessure s’approfondit en silence, l’amour dépérit, tandis que tout semble intact aux yeux des autres ; le cœur se fend de lui-même. Le ton est doux, retenu, mélancolique : on sent une douleur cachée qui pleure tout bas. La phrase répétée « N’y touchez pas, il est brisé » devient un avertissement délicat, presque une prière pour qu’on respecte cette fragilité invisible.

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