Une femme guette le retour de son bien-aimé parti à la guerre. Du coucher du soleil jusqu’à l’aube, elle demeure enfermée dans sa tour, et sa solitude devient peu à peu une angoisse : elle a l’impression d’être la dernière personne au monde. Les heures passent — le soleil se couche, la lune blanche brille, l’aurore se lève — mais rien ne change, et le refrain répète son attente. Les pigeons amoureux et l’eau qui coule sous les saules rendent la scène douce et triste à la fois ; ils font ressortir l’absence. Même un bruit de pas lui donne un bref espoir, vite déçu : ce n’est qu’un page qui apporte une lampe. L’ensemble crée une atmosphère mélancolique, immobile, où le désir et la crainte se mêlent.
Au pays où se fait la guerre — Résumé
I
Au pays où se fait la guerre Mon bel ami s’en est allé ; Il semble à mon cœur désolé Qu’il ne reste que moi sur terre !
En partant, au baiser d’adieu, Il m’a pris mon âme à ma bouche. Qui le tient si longtemps, mon Dieu ? Voilà le soleil qui se couche, Et moi, toute seule en ma tour, J’attends encore son retour.
II
Les pigeons sur le toit roucoulent, Roucoulent amoureusement ; Avec un son triste et charmant Les eaux sous les grands saules coulent.
Je me sens tout près de pleurer ; Mon cœur comme un lis plein s’épanche, Et je n’ose plus espérer. Voici briller la lune blanche, Et moi, toute seule en ma tour, J’attends encore son retour.
III
Quelqu’un monte à grands pas la rampe : Serait-ce lui, mon doux amant ? Ce n’est pas lui, mais seulement Mon petit page avec ma lampe.
Vents du soir, volez, dites-lui Qu’il est ma pensée et mon rêve, Toute ma joie et mon ennui. Voici que l’aurore se lève, Et moi, toute seule en ma tour, J’attends encore son retour.