Premier sourire du printemps — Résumé

Tandis qu’à leurs œuvres perverses Les hommes courent haletants, Mars qui rit, malgré les averses, Prépare en secret le printemps.

Pour les petites pâquerettes, Sournoisement, lorsque tout dort, Il repasse des collerettes Et cisèle des boutons d’or.

Dans le verger et dans la vigne Il s’en va, furtif perruquier, Avec une houppe de cygne, Poudrer à frimas l’amandier.

La nature au lit se repose ; Lui, descend au jardin désert Et lace les boutons de rose Dans leur corset de velours vert.

Tout en composant des solfèges, Qu’aux merles il siffle à mi-voix, Il sème aux prés les perce-neiges Et les violettes aux bois.

Sur le cresson de la fontaine Où le cerf boit, l’oreille au guet, De sa main glacée il égrène Les grelots d’argent du muguet.

Sous l’herbe, pour que tu la cueilles, Il met la fraise au teint vermeil, Et te tresse un chapeau de feuilles Pour te garantir du soleil.

Puis, lorsque sa besogne est faite Et que son règne va finir, Au seuil d’avril tournant la tête, Il dit : « Printemps, tu peux venir ! »

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Mars est imaginé comme un artisan furtif qui, pendant que les hommes courent sans le voir, prépare le printemps en secret. Sous la pluie, il repasse les collerettes des pâquerettes, poudre l’amandier, lace les boutons de rose, sème les perce-neiges et les violettes. Chaque geste est un soin délicat, presque coquin, donné à la nature encore endormie.

L’ambiance est tendre et joyeuse : on sourit devant ce perruquier discret qui travaille en cachette pour offrir au monde un renouveau. Le locuteur semble éprouver une affection amusée pour ce personnage de mars, à la fois précis et rêveur, qui s’efface au seuil d’avril après avoir tout préparé. Le poème crée ainsi une impression de fraîcheur et d’attente heureuse, comme un avant-goût du printemps.

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