Mars est imaginé comme un artisan furtif qui, pendant que les hommes courent sans le voir, prépare le printemps en secret. Sous la pluie, il repasse les collerettes des pâquerettes, poudre l’amandier, lace les boutons de rose, sème les perce-neiges et les violettes. Chaque geste est un soin délicat, presque coquin, donné à la nature encore endormie.
L’ambiance est tendre et joyeuse : on sourit devant ce perruquier discret qui travaille en cachette pour offrir au monde un renouveau. Le locuteur semble éprouver une affection amusée pour ce personnage de mars, à la fois précis et rêveur, qui s’efface au seuil d’avril après avoir tout préparé. Le poème crée ainsi une impression de fraîcheur et d’attente heureuse, comme un avant-goût du printemps.