Dans la nuit étouffante, un chant s’élève, puis s’interrompt. La lune plaque une lumière métallique sur les feuillages sombres, et le bruit semble venir de sous un massif, comme un écho enterré. Quelqu’un invite à regarder dans l’ombre : c’est un crapaud, et la réaction immédiate est un cri d’horreur. Le locuteur, lui, prend parti pour l’animal : il le présente comme un « poète tondu, sans aile », un « rossignol de la boue », fidèle malgré le dégoût qu’il inspire. L’animal chante, son œil brille, puis il se retire froidement sous une pierre. Le dernier vers retourne la scène : « ce crapaud-là c’est moi. » Le poème dit l’amertume de qui se sent laid, rejeté, mais continue de chanter. L’atmosphère est nocturne, lourde, traversée d’ironie triste et de solitude.
Le Crapaud — Résumé
Un chant dans une nuit sans air… — La lune plaque en métal clair Les découpures du vert sombre.
… Un chant ; comme un écho, tout vif Enterré, là, sous le massif… — Ça se tait : Viens, c’est là, dans l’ombre…
— Un crapaud ! — Pourquoi cette peur, Près de moi, ton soldat fidèle ! Vois-le, poète tondu, sans aile, Rossignol de la boue… — Horreur ! —
… Il chante. — Horreur !! — Horreur pourquoi ? Vois-tu pas son œil de lumière… Non : il s’en va, froid, sous sa pierre.
Bonsoir — ce crapaud-là c’est moi.