Une lande d’os, des glas charriés par le flot, un marais pâle où la lune avale de gros vers : tout commence dans la décomposition. La fièvre y cuit sous un calme de peste, l’herbe pue, le lièvre fuit comme un sorcier poltron. Rien ne respire vraiment ; la nature paraît malade, hostile, hantée. La lavandière blanche étend le linge sale des trépassés sous un soleil de loups, et les crapauds se changent en petits chantres mélancoliques qui empoisonnent les champignons. L’atmosphère est celle d’un cauchemar éveillé, macabre et grinçant. Le malaise domine, mais il se mêle à une ironie noire, comme si ce paysage pourri provoquait à la fois le dégoût et une fascination amère.
Paysage mauvais — Résumé
Sables de vieux os — Le flot râle Des glas : crevant bruit sur bruit… — Palud pâle, où la lune avale De gros vers, pour passer la nuit.
— Calme de peste, où la fièvre Cuit… Le follet damné languit. — Herbe puante où le lièvre Est un sorcier poltron qui fuit.
— La Lavandière blanche étale Des trépassés le linge sale, Au soleil des loups… — Les crapauds,
Petits chantres mélancoliques Empoisonnent de leurs coliques, Les champignons, leurs escabeaux.