Quelqu’un parle à un poète mort, ou peut-être à lui-même, pour l’inviter à ne pas rester au tombeau. Le cadavre n’est pas lourd : les herbes deviennent ses cheveux, son œil ouvert laisse jaillir des feux follets, les fleurs de tombe poussent dans son rire terreux. La mort est traitée comme une farce moqueuse. Les cercueils des poètes ne seraient que des « boîtes à violon » creuses ; les bourgeois sont trop bêtes pour voir que ce mort-là n’est pas vraiment mort. Le ton reste à la fois macabre, tendre et insolent. Le refrain final reprend l’image du « peigneur de comètes » : le poète devient une figure légère, cosmique, qui échappe au sérieux funèbre et file ailleurs en riant.
Petit mort pour rire — Résumé
Va vite, léger peigneur de comètes ! Les herbes au vent seront tes cheveux ; De ton œil béant jailliront les feux Follets, prisonniers dans les pauvres têtes…
Les fleurs de tombeau qu’on nomme Amourettes Foisonneront plein ton rire terreux… Et les myosotis, ces fleurs d’oubliettes…
Ne fais pas le lourd : cercueils de poètes Pour les croque-morts sont de simples jeux, Boîtes à violon qui sonnent le creux… Ils te croiront mort — Les bourgeois sont bêtes — Va vite, léger peigneur de comètes !