Guillaume Apollinaire s’adresse à l’incertitude comme à une compagne aimée : « ô mes délices ». Loin de la redouter, il semble se plaire dans ce flou, dans ce manque de repères. L’image est immédiate et concrète : le « je » et l’incertitude s’en vont ensemble, à la manière des écrevisses, à reculons. La répétition finale donne au vers une allure de chanson, légère et un peu entêtée. On peut y entendre une façon d’avancer sans savoir où l’on va, ou même de progresser en regardant derrière soi. Le ton n’est ni triste ni inquiet : c’est plutôt un sourire devant l’absurdité du mouvement. Tout tient en quatre vers, mais une atmosphère intime et mélancolique se crée, où le doute devient un plaisir plutôt qu’une angoisse.
L’Écrevisse — Résumé
Incertitude, ô mes délices Vous et moi nous nous en allons Comme s’en vont les écrevisses, À reculons, à reculons.