Dans un vieux parc solitaire et glacé, deux silhouettes spectrales passent et se parlent à peine. Leur dialogue évoque un amour disparu : l’un demande s’il reste un souvenir de l’extase ancienne, l’autre répond avec indifférence — le cœur ne bat plus, le rêve s’est éteint, l’espoir a fui vers un ciel noir. Les corps sont décrits comme morts, les lèvres molles, les paroles presque inaudibles. Le décor hivernal et vide redouble cette impression de fin absolue. L’ambiance est mélancolique, fantomatique, d’un calme glacial. On ressent une tristesse sourde et distante, comme un froid qui traverse. Ce qui frappe, c’est le contraste entre la beauté passée des jours heureux et la froideur polie du présent. La nuit seule recueille ces mots, comme si l’amour n’était plus qu’un murmure perdu dans un parc abandonné.
Colloque sentimental — Résumé
Dans le vieux parc solitaire et glacé Deux formes ont tout à l’heure passé.
Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles, Et l’on entend à peine leurs paroles.
Dans le vieux parc solitaire et glacé Deux spectres ont évoqué le passé.
— Te souvient-il de notre extase ancienne ? — Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne ?
— Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom ? Toujours vois-tu mon âme en rêve ? — Non.
— Ah ! les beaux jours de bonheur indicible Où nous joignions nos bouches ! — C’est possible.
Qu’il était bleu, le ciel, et grand l’espoir ! — L’espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.
Tels ils marchaient dans les avoines folles, Et la nuit seule entendit leurs paroles.