Rondel — Résumé

Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles ! Il n’est plus de nuits, il n’est plus de jours ; Dors… en attendant venir toutes celles Qui disaient : Jamais ! Qui disaient : Toujours !

Entends-tu leurs pas ?… Ils ne sont pas lourds : Oh ! les pieds légers ! — l’Amour a des ailes… Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles !

Entends-tu leurs voix ?… Les caveaux sont sourds. Dors : Il pèse peu, ton faix d’immortelles : Ils ne viendront pas, tes amis les ours, Jeter leur pavé sur tes demoiselles… Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles !

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Dès le premier vers, une voix s’adresse à un « enfant » qu’elle appelle aussi « voleur d’étincelles ». On comprend peu à peu que ce sommeil évoqué n’est pas ordinaire : il n’y a plus ni jours ni nuits, les tombeaux sont sourds, et l’enfant porte un fardeau d’immortelles, ces fleurs funéraires. Le poème prend ainsi la forme d’une berceuse adressée à un enfant mort. Le ton est à la fois tendre et ironique : l’amour, avec ses « ailes », se dérobe, celles qui disaient « Jamais » ou « Toujours » ne reviennent pas, et même les ours familiers semblent abandonner le petit dormeur. La répétition du refrain « Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles » installe une atmosphère de nuit définitive, douce et un peu cruelle, entre deuil et rêve enfantin.

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