Un homme envie un chien, un beau chien nommé Bob, parce que l’animal a ce que lui n’a pas : une maîtresse qui le caresse, un nom qu’elle prononce avec tendresse, une place auprès d’elle. Le ton est à la fois comique et douloureux. Le locuteur se décrit comme un « braque mâtiné de chrétien », ni pur sang ni tout à fait bête, trop conscient pour être aimé simplement. Il se sent laid, maladroit, exclu de la grâce animale.
Dans son fantasme de métempsycose, il propose d’échanger avec Bob : son sonnet contre la sonnette, sa peau contre le poil, sa condition d’homme contre celle de compagnon fidèle. Ce souhait ironique révèle une forme de dévotion douloureuse : il accepterait les puces, les morsures et le collier, pourvu qu’il porte « Son petit nom ». L’ensemble crée un mélange de dérision, de tendresse et de tristesse.