Sonnet à sir Bob — Résumé

Beau chien, quand je te vois caresser ta maîtresse, Je grogne malgré moi — pourquoi ? — Tu n’en sais rien. — Ah ! c’est que moi — vois-tu — jamais je ne caresse, Je n’ai pas de maîtresse, et… ne suis pas beau chien.

— Bob ! Bob ! — Oh ! le fier nom à hurler d’allégresse !… Si je m’appelais Bob… Elle dit Bob si bien !… Mais moi je ne suis pas pur sang. — Par maladresse, On m’a fait braque aussi… mâtiné de chrétien.

— Ô Bob ! nous changerons, à la métempsycose : Prends mon sonnet, moi ta sonnette à faveur rose ; Toi ma peau, moi ton poil — avec puces ou non…

Et je serai sir Bob — Son seul amour fidèle ! Je mordrai les roquets, elle me mordrait, Elle !… Et j’aurai le collier portant Son petit nom.

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Un homme envie un chien, un beau chien nommé Bob, parce que l’animal a ce que lui n’a pas : une maîtresse qui le caresse, un nom qu’elle prononce avec tendresse, une place auprès d’elle. Le ton est à la fois comique et douloureux. Le locuteur se décrit comme un « braque mâtiné de chrétien », ni pur sang ni tout à fait bête, trop conscient pour être aimé simplement. Il se sent laid, maladroit, exclu de la grâce animale.

Dans son fantasme de métempsycose, il propose d’échanger avec Bob : son sonnet contre la sonnette, sa peau contre le poil, sa condition d’homme contre celle de compagnon fidèle. Ce souhait ironique révèle une forme de dévotion douloureuse : il accepterait les puces, les morsures et le collier, pourvu qu’il porte « Son petit nom ». L’ensemble crée un mélange de dérision, de tendresse et de tristesse.

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