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Poèmes populaires

RêveurPaul Valéry

La Fileuse

Assise, la fileuse au bleu de la croisée Où le jardin mélodieux se dodeline, Le rouet ancien qui ronfle l’a grisée. Lasse, ayant bu l’azur, de filer la câline Chevelure, à ses doigts si faibles évasive, Elle songe, et sa tête petite s’incline. Un arbuste et l’air pur font une source vive Qui suspendue au jour, délicieuse arrose De ses pertes de fleurs le jardin de l’oisive. Une tige, où le vent vagabond se repose, Courbe le salut vain de sa grâce étoilée, Dédiant magnifique, au vieux rouet, sa rose. Mais la dormeuse file une laine isolée ; Mystérieusement l’ombre frêle se tresse Au fil de ses doigts longs et qui dorment, filée. Le songe se dévide avec une paresse
RomantiquePaul Éluard

La courbe de tes yeux

La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur, Un rond de danse et de douceur, Auréole du temps, berceau nocturne et sûr, Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu. Feuilles de jour et mousse de rosée, Roseaux du vent, sourires parfumés, Ailes couvrant le monde de lumière, Bateaux chargés du ciel et de la mer, Chasseurs des bruits et sources des couleurs Parfums éclos d’une couvée d’aurores Qui gît toujours sur la paille des astres, Comme le jour dépend de l’innocence Le monde entier dépend de tes yeux purs Et tout mon sang coule dans leurs regards.
RomantiquePaul Éluard

Celle de toujours, toute

Si je vous dis : « j’ai tout abandonné » C’est qu’elle n’est pas celle de mon corps, Je ne m’en suis jamais vanté, Ce n’est pas vrai Et la brume de fond où je me meus Ne sait jamais si j’ai passé. L’éventail de sa bouche, le reflet de ses yeux, Je suis le seul à en parler, Je suis le seul qui soit cerné Par ce miroir si nul où l’air circule à travers moi Et l’air a un visage, un visage aimé, Un visage aimant, ton visage, À toi qui n’as pas de nom et que les autres ignorent, La mer te dit : sur moi, le ciel te dit : sur moi, Les astres te devinent, les nuages t’imaginent Et le sang répandu aux meilleurs moments,
AnxieuxMaurice Maeterlinck

Serre chaude

Ô serre au milieu des forêts ! Et vos portes à jamais closes ! Et tout ce qu’il y a sous votre coupole ! Et sous mon âme en vos analogies ! Les pensées d’une princesse qui a faim, L’ennui d’un matelot dans le désert, Une musique de cuivre aux fenêtres des incurables. Allez aux angles les plus tièdes ! On dirait une femme évanouie un jour de moisson ; Il y a des postillons dans la cour de l’hospice ; Au loin, passe un chasseur d’élans, devenu infirmier. Examinez au clair de lune ! (Oh rien n’y est à sa place !) On dirait une folle devant les juges, Un navire de guerre à pleines voiles sur un canal, Des oiseaux de nuit sur des lys,
TristeCharles Baudelaire

Spleen (J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans)

J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans. Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans, De vers, de billets doux, de procès, de romances, Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances, Cache moins de secrets que mon triste cerveau. C’est une pyramide, un immense caveau, Qui contient plus de morts que la fosse commune. — Je suis un cimetière abhorré de la lune, Où, comme des remords, se traînent de longs vers Qui s’acharnent toujours sur mes morts les plus chers. Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées, Où gît tout un fouillis de modes surannées, Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher, Seuls, respirent l’odeur d’un flacon débouché. Rien n’égale en longueur les boiteuses journées,
TristeMarceline Desbordes-Valmore

Souvenir

Quand il pâlit un soir, et que sa voix tremblante S’éteignit tout à coup dans un mot commencé ; Quand ses yeux, soulevant leur paupière brûlante, Me blessèrent d’un mal dont je le crus blessé ; Quand ses traits plus touchants, éclairés d’une flamme Qui ne s’éteint jamais, S’imprimèrent vivants dans le fond de mon âme, Il n’aimait pas : j’aimais !

Poème du jour

Poèmes de différentes humeurs

Contemplatif

Pensées silencieuses sur le temps, la vie et le sens

Triste

Pour la perte, le chagrin et les jours gris

Rêveur

Doux, flottant, à demi endormi

Joyeux

Léger, chaleureux et enjoué

Romantique

Amour, désir et premiers regards

Inspiré

Des poèmes qui élèvent l’esprit

Anxieux

Nuits sans repos et cœurs qui s’emballent

En colère

Feu, révolte et défi

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Le pas régulier des sur le pavé dur ;
Un ciel noir tout voilé d’azur,

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