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Poèmes populaires

ContemplatifVictor Hugo

Saison des semailles. Le soir

C’est le moment crépusculaire. J’admire, assis sous un portail, Ce reste de jour dont s’éclaire La dernière heure du travail. Dans les terres, de nuit baignées, Je contemple, ému, les haillons D’un vieillard qui jette à poignées La moisson future aux sillons. Sa haute silhouette noire Domine les profonds labours. On sent à quel point il doit croire À la fuite utile des jours. Il marche dans la plaine immense, Va, vient, lance la graine au loin, Rouvre sa main, et recommence, Et je médite, obscur témoin,
RomantiqueVictor Hugo

Puisque j’ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine

Puisque j’ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine ; Puisque j’ai dans tes mains posé mon front pâli ; Puisque j’ai respiré parfois la douce haleine De ton âme, parfum dans l’ombre enseveli ; Puisqu’il me fut donné de t’entendre me dire Les mots où se répand le cœur mystérieux ; Puisque j’ai vu pleurer, puisque j’ai vu sourire Ta bouche sur ma bouche et tes yeux sur mes yeux ; Puisque j’ai vu briller sur ma tête ravie Un rayon de ton astre, hélas ! voilé toujours ; Puisque j’ai vu tomber dans l’onde de ma vie Une feuille de rose arrachée à tes jours ; Je puis maintenant dire aux rapides années : - Passez ! Passez toujours ! je n’ai plus à vieillir ; Allez-vous-en avec vos fleurs toutes fanées ;
TristeVictor Hugo

Oh ! je fus comme fou dans le premier moment

Oh ! je fus comme fou dans le premier moment, Hélas ! et je pleurai trois jours amèrement. Vous tous à qui Dieu prit votre chère espérance, Pères, mères, dont l’âme a souffert ma souffrance, Tout ce que j’éprouvais, l’avez-vous éprouvé ? Je voulais me briser le front sur le pavé ; Puis je me révoltais, et, par moments, terrible, Je fixais mes regards sur cette chose horrible, Et je n’y croyais pas, et je m’écriais : Non ! — Est-ce que Dieu permet de ces malheurs sans nom Qui font que dans le cœur le désespoir se lève ? — Il me semblait que tout n’était qu’un affreux rêve, Qu’elle ne pouvait pas m’avoir ainsi quitté, Que je l’entendais rire en la chambre à côté,
TristeVictor Hugo

Mors

Je vis cette faucheuse. Elle était dans son champ. Elle allait à grands pas moissonnant et fauchant, Noir squelette laissant passer le crépuscule. Dans l’ombre où l’on dirait que tout tremble et recule, L’homme suivait des yeux les lueurs de la faulx. Et les triomphateurs sous les arcs triomphaux Tombaient ; elle changeait en désert Babylone, Le trône en l’échafaud et l’échafaud en trône, Les roses en fumier, les enfants en oiseaux, L’or en cendre, et les yeux des mères en ruisseaux. Et les femmes criaient : — Rends-nous ce petit être. Pour le faire mourir, pourquoi l’avoir fait naître ? — Ce n’était qu’un sanglot sur terre, en haut, en bas ; Des mains aux doigts osseux sortaient des noirs grabats ;
ContemplatifVictor Hugo

Le Mendiant

Un pauvre homme passait dans le givre et le vent. Je cognai sur ma vitre ; il s’arrêta devant Ma porte, que j’ouvris d’une façon civile. Les ânes revenaient du marché de la ville, Portant les paysans accroupis sur leurs bâts. C’était le vieux qui vit dans une niche au bas De la montée, et rêve, attendant, solitaire, Un rayon du ciel triste, un liard de la terre, Tendant les mains pour l’homme et les joignant pour Dieu. Je lui criai : — Venez vous réchauffer un peu. Comment vous nommez-vous ? — Il me dit : — Je me nomme Le pauvre. — Je lui pris la main : — Entrez, brave homme. — Et je lui fis donner une jatte de lait. Le vieillard grelottait de froid ; il me parlait.
JoyeuxVictor Hugo

La Coccinelle

Elle me dit : Quelque chose Me tourmente. Et j’aperçus Son cou de neige, et, dessus, Un petit insecte rose. J’aurais dû — mais, sage ou fou, À seize ans, on est farouche, — Voir le baiser sur sa bouche Plus que l’insecte à son cou. On eût dit un coquillage ; Dos rose et taché de noir. Les fauvettes pour nous voir Se penchaient dans le feuillage. Sa bouche fraîche était là : Je me courbai sur la belle, Et je pris la coccinelle ; Mais le baiser s’envola.

Poème du jour

Poèmes de différentes humeurs

Contemplatif

Pensées silencieuses sur le temps, la vie et le sens

Triste

Pour la perte, le chagrin et les jours gris

Rêveur

Doux, flottant, à demi endormi

Joyeux

Léger, chaleureux et enjoué

Romantique

Amour, désir et premiers regards

Inspiré

Des poèmes qui élèvent l’esprit

Anxieux

Nuits sans repos et cœurs qui s’emballent

En colère

Feu, révolte et défi

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Le pas régulier des sur le pavé dur ;
Un ciel noir tout voilé d’azur,

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