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Poèmes populaires

RêveurLeconte de Lisle

Les Roses d'Ispahan

Les roses d’Ispahan dans leur gaîne de mousse, Les jasmins de Mossoul, les fleurs de l’oranger Ont un parfum moins frais, ont une odeur moins douce, Ô blanche Leïlah ! que ton souffle léger. Ta lèvre est de corail, et ton rire léger Sonne mieux que l’eau vive et d’une voix plus douce, Mieux que le vent joyeux qui berce l’oranger, Mieux que l’oiseau qui chante au bord du nid de mousse. Mais la subtile odeur des roses dans leur mousse, La brise qui se joue autour de l’oranger Et l’eau vive qui flue avec sa plainte douce Ont un charme plus sûr que ton amour léger ! Ô Leïlah ! depuis que de leur vol léger Tous les baisers ont fui de ta lèvre si douce, Il n’est plus de parfum dans le pâle oranger,
En colèreLeconte de Lisle

Les Montreurs

Tel qu’un morne animal, meurtri, plein de poussière, La chaîne au cou, hurlant au chaud soleil d’été, Promène qui voudra son cœur ensanglanté Sur ton pavé cynique, ô plèbe carnassière ! Pour mettre un feu stérile en ton œil hébété, Pour mendier ton rire ou ta pitié grossière, Déchire qui voudra la robe de lumière De la pudeur divine et de la volupté. Dans mon orgueil muet, dans ma tombe sans gloire, Dussé-je m’engloutir pour l’éternité noire, Je ne te vendrai pas mon ivresse ou mon mal, Je ne livrerai pas ma vie à tes huées, Je ne danserai pas sur ton tréteau banal Avec tes histrions et tes prostituées.
AnxieuxLeconte de Lisle

Les Hurleurs

Le soleil dans les flots avait noyé ses flammes, La ville s’endormait aux pieds des monts brumeux ; Sur de grands rocs lavés d’un nuage écumeux La mer sombre en grondant versait ses hautes lames. La nuit multipliait ce long gémissement. Nul astre ne luisait dans l’immensité nue : Seule, la lune pâle, en écartant la nue, Comme une morne lampe oscillait tristement. Monde muet, marqué d’un signe de colère, Débris d’un globe mort au hasard dispersé, Elle laissait tomber de son orbe glacé Un reflet sépulcral sur l’océan polaire. Sans borne, assise au nord, sous les cieux étouffants, L’Afrique, s’abritant d’ombre épaisse et de brume, Affamait ses lions dans le sable qui fume,
ContemplatifLeconte de Lisle

Les Éléphants

Le sable rouge est comme une mer sans limite, Et qui flambe, muette, affaissée en son lit. Une ondulation immobile remplit L’horizon aux vapeurs de cuivre où l’homme habite. Nulle vie et nul bruit. Tous les lions repus Dorment au fond de l’antre éloigné de cent lieues, Et la girafe boit dans les fontaines bleues, Là-bas, sous les dattiers des panthères connus. Pas un oiseau ne passe en fouettant de son aile L’air épais, où circule un immense soleil. Parfois quelque boa, chauffé dans son sommeil, Fait onduler son dos dont l’écaille étincelle. Tel l’espace enflammé brûle sous les cieux clairs. Mais, tandis que tout dort aux mornes solitudes, Les éléphants rugueux, voyageurs lents et rudes
ContemplatifLeconte de Lisle

Le Sommeil du condor

Par delà l’escalier des roides Cordillères, Par delà les brouillards hantés des aigles noirs, Plus haut que les sommets creusés en entonnoirs Où bout le flux sanglant des laves familières, L’envergure pendante et rouge par endroits, Le vaste Oiseau, tout plein d’une morne indolence, Regarde l’Amérique et l’espace en silence, Et le sombre soleil qui meurt dans ses yeux froids. La nuit roule de l’Est, où les pampas sauvages Sous les monts étagés s’élargissent sans fin ; Elle endort le Chili, les villes, les rivages, Et la mer Pacifique, et l’horizon divin ; Du continent muet elle s’est emparée : Des sables aux coteaux, des gorges aux versants, De cime en cime, elle enfle, en tourbillons croissants,
ContemplatifLeconte de Lisle

Le Rêve du jaguar

Sous les noirs acajous, les lianes en fleur, Dans l’air lourd, immobile et saturé de mouches, Pendent, et, s’enroulant en bas parmi les souches, Bercent le perroquet splendide et querelleur, L’araignée au dos jaune et les singes farouches. C’est là que le tueur de bœufs et de chevaux, Le long des vieux troncs morts à l’écorce moussue, Sinistre et fatigué, revient à pas égaux. Il va, frottant ses reins musculeux qu’il bossue ; Et, du mufle béant par la soif alourdi, Un souffle rauque et bref, d’une brusque secousse, Trouble les grands lézards, chauds des feux de midi, Dont la fuite étincelle à travers l’herbe rousse. En un creux du bois sombre interdit au soleil

Poème du jour

Poèmes de différentes humeurs

Contemplatif

Pensées silencieuses sur le temps, la vie et le sens

Triste

Pour la perte, le chagrin et les jours gris

Rêveur

Doux, flottant, à demi endormi

Joyeux

Léger, chaleureux et enjoué

Romantique

Amour, désir et premiers regards

Inspiré

Des poèmes qui élèvent l’esprit

Anxieux

Nuits sans repos et cœurs qui s’emballent

En colère

Feu, révolte et défi

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Un ciel noir tout voilé d’azur,

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