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Poèmes populaires

ContemplatifLeconte de Lisle

Le Rêve du jaguar

Sous les noirs acajous, les lianes en fleur, Dans l’air lourd, immobile et saturé de mouches, Pendent, et, s’enroulant en bas parmi les souches, Bercent le perroquet splendide et querelleur, L’araignée au dos jaune et les singes farouches. C’est là que le tueur de bœufs et de chevaux, Le long des vieux troncs morts à l’écorce moussue, Sinistre et fatigué, revient à pas égaux. Il va, frottant ses reins musculeux qu’il bossue ; Et, du mufle béant par la soif alourdi, Un souffle rauque et bref, d’une brusque secousse, Trouble les grands lézards, chauds des feux de midi, Dont la fuite étincelle à travers l’herbe rousse. En un creux du bois sombre interdit au soleil
RomantiqueLeconte de Lisle

Le Colibri

Le vert colibri, le roi des collines, Voyant la rosée et le soleil clair Luire dans son nid tissé d’herbes fines, Comme un frais rayon s’échappe dans l’air. Il se hâte et vole aux sources voisines Où les bambous font le bruit de la mer, Où l’açoka rouge, aux odeurs divines, S’ouvre et porte au cœur un humide éclair. Vers la fleur dorée il descend, se pose, Et boit tant d’amour dans la coupe rose, Qu’il meurt, ne sachant s’il l’a pu tarir. Sur ta lèvre pure, ô ma bien-aimée, Telle aussi mon âme eût voulu mourir Du premier baiser qui l’a parfumée !
RêveurJules Laforgue

Complainte de la lune en province

Ah ! la belle pleine Lune, Grosse comme une fortune ! La retraite sonne au loin, Un passant, monsieur l’adjoint ; Un clavecin joue en face, Un chat traverse la place : La province qui s’endort ! Plaquant un dernier accord, Le piano clôt sa fenêtre. Quelle heure peut-il bien être ? Calme Lune, quel exil ! Faut-il dire : ainsi soit-il ? Lune, ô dilettante Lune, À tous les climats commune, Tu vis hier le Missouri, Et les remparts de Paris,
ContemplatifJosé-Maria de Heredia

Soleil couchant

Les ajoncs éclatants, parure du granit, Dorent l’âpre sommet que le couchant allume ; Au loin, brillante encor par sa barre d’écume, La mer sans fin commence où la terre finit. À mes pieds c’est la nuit, le silence. Le nid Se tait, l’homme est rentré sous le chaume qui fume ; Seul, l’Angélus du soir, ébranlé dans la brume, À la vaste rumeur de l’Océan s’unit. Alors, comme du fond d’un abîme, des traînes, Des landes, des ravins, montent des voix lointaines De pâtres attardés ramenant le bétail. L’horizon tout entier s’enveloppe dans l’ombre, Et le soleil mourant sur un ciel riche et sombre, Ferme les branches d’or de son rouge éventail.
ContemplatifJosé-Maria de Heredia

Le Récif de corail

Le soleil sous la mer, mystérieuse aurore, Éclaire la forêt des coraux abyssins Qui mêle, aux profondeurs de ses tièdes bassins, La bête épanouie et la vivante flore. Et tout ce que le sel ou l’iode colore, Mousse, algue chevelue, anémones, oursins, Couvre de pourpre sombre, en somptueux dessins, Le fond vermiculé du pâle madrépore. De sa splendide écaille éteignant les émaux, Un grand poisson navigue à travers les rameaux ; Dans l’ombre transparente indolemment il rôde ; Et, brusquement, d’un coup de sa nageoire en feu, Il fait, par le cristal morne, immobile et bleu, Courir un frisson d’or, de nacre et d’émeraude.
ContemplatifJosé-Maria de Heredia

L'Oubli

Le temple est en ruine au haut du promontoire. Et la Mort a mêlé, dans ce fauve terrain, Les Déesses de marbre et les Héros d’airain Dont l’herbe solitaire ensevelit la gloire. Seul, parfois, un bouvier menant ses buffles boire, De sa conque où soupire un antique refrain Emplissant le ciel calme et l’horizon marin, Sur l’azur infini dresse sa forme noire. La Terre maternelle et douce aux anciens Dieux, Fait à chaque printemps, vainement éloquente, Au chapiteau brisé verdir une autre acanthe ; Mais l’Homme indifférent au rêve des aïeux Écoute sans frémir, du fond des nuits sereines, La Mer qui se lamente en pleurant les Sirènes.

Poème du jour

Poèmes de différentes humeurs

Contemplatif

Pensées silencieuses sur le temps, la vie et le sens

Triste

Pour la perte, le chagrin et les jours gris

Rêveur

Doux, flottant, à demi endormi

Joyeux

Léger, chaleureux et enjoué

Romantique

Amour, désir et premiers regards

Inspiré

Des poèmes qui élèvent l’esprit

Anxieux

Nuits sans repos et cœurs qui s’emballent

En colère

Feu, révolte et défi

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Le pas régulier des sur le pavé dur ;
Un ciel noir tout voilé d’azur,

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